Réforme de la facturation électronique

Facture électronique : ce que vous devez faire en 2026 et 2027

Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA et établie en France doit pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L'émission suit en 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, en 2027 pour les autres.

Mis à jour le 5 octobre 2026

L'essentiel

  • Réception depuis le 1er septembre 2026 pour toutes les entreprises assujetties à la TVA et établies en France, quelle que soit leur taille, y compris les micro-entrepreneurs en franchise en base (article 289 bis du CGI).
  • Émission et e-reporting : 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, 1er septembre 2027 pour les PME et les microentreprises (DGFiP, fiche 1 de juin 2026).
  • Sanctions prévues : 50 € par facture non électronique (plafond 15 000 € par an), 500 € par transmission d'e-reporting manquante (plafond 15 000 € par an), 500 € puis 1 000 € à défaut de plateforme de réception (articles 1737 et 1788 D du CGI).
  • Tolérance de démarrage : la DGFiP n'applique pas de sanction automatique aux entreprises qui démontrent une démarche sérieuse de mise en conformité. Ce n'est ni un report ni une suspension.

Qui est concerné par la facture électronique obligatoire ?

Toutes les entreprises assujetties à la TVA et établies en France sont concernées, quelle que soit leur taille ou leur forme juridique. La DGFiP précise que même un médecin ou un ostéopathe, dont l'activité est hors du champ de la TVA, doit avoir choisi une plateforme agréée pour recevoir les factures de ses fournisseurs d'énergie ou d'accès internet.

Ce que vous devez faire ensuite dépend de deux critères : votre taille et la nature de vos clients.

Quelles sont les dates à retenir ?

Il y a deux échéances, le 1er septembre 2026 et le 1er septembre 2027.

Obligation Grandes entreprises et ETI PME et microentreprises
Réception des factures électroniques 1er septembre 2026 1er septembre 2026
Émission des factures électroniques (clients professionnels en France) 1er septembre 2026 1er septembre 2027
E-reporting (particuliers, clients étrangers) 1er septembre 2026 1er septembre 2027

Nous sommes le 5 octobre 2026 : la réception est donc déjà obligatoire pour tout le monde, et l'émission l'est déjà pour les grandes entreprises et les ETI. Pour vérifier votre cas précis, utilisez le calendrier de facture électronique, qui vous donne vos dates, une checklist et le risque de sanction.

Que faut-il faire concrètement ?

Il y a cinq actions, dans cet ordre.

  1. Choisir une plateforme agréée. C'est elle qui reçoit, émet et transmet vos factures, et qui envoie les données à l'administration. Vous signez un accord formel qui la désigne dans l'annuaire des destinataires. Voir notre guide sur la liste et le choix d'une plateforme agréée.
  2. Vérifier votre logiciel. S'il est déjà connecté à une plateforme agréée, vous n'avez peut-être rien à changer. Sinon, demandez à votre éditeur ou à votre expert-comptable.
  3. Compléter vos factures. Quatre mentions deviennent obligatoires : le SIREN du client, la catégorie de l'opération, l'option pour la TVA sur les débits le cas échéant, l'adresse de livraison si elle diffère. Voir le format et les mentions.
  4. Préparer l'e-reporting si vous vendez à des particuliers ou à l'étranger. Voir la page e-reporting.
  5. Conserver les preuves de votre démarche : choix de la plateforme, échanges avec l'éditeur, tests, tickets de support.

Combien ça coûte ?

Le coût dépend de la plateforme, du nombre de factures et des services associés, et nous ne pouvons pas vous donner un tarif fiable. Un point de repère officiel : la DGFiP indique qu'au 1er août 2026, plus d'une dizaine de plateformes sur les 150 agréées proposaient des offres gratuites ou sans surcoût pour les besoins essentiels des plus petites structures. L'État n'a pas créé de plateforme publique gratuite pour les échanges entre entreprises : le modèle repose sur des plateformes privées agréées.

Quel risque en cas de retard ?

Les textes prévoient trois sanctions distinctes, détaillées dans notre page sur les sanctions :

  • 50 € par facture non émise par voie électronique, dans la limite de 15 000 € par an ;
  • 500 € par transmission de données d'e-reporting manquante, dans la limite de 15 000 € par an ;
  • à défaut de plateforme de réception, une mise en demeure de trois mois, puis 500 €, puis 1 000 € par période de trois mois si le manquement persiste.

La DGFiP a toutefois annoncé une approche pédagogique pendant la phase de démarrage : pas de sanction automatique pour une entreprise qui rencontre une difficulté réelle, documentée et suivie d'actions de correction. L'administration distingue ces cas de l'inertie ou du refus durable d'entrer dans le dispositif.

Un point de vocabulaire : PA, PDP, PPF

Les « plateformes de dématérialisation partenaires » (PDP) ont été rebaptisées « plateformes agréées » (PA) dans les textes. Le « portail public de facturation » (PPF) n'est plus une plateforme d'échange de factures entre entreprises : la DGFiP précise que la France a choisi de ne pas créer de portail public unique. L'État fixe les règles, gère l'annuaire national et agrée les plateformes privées.

Comment fonctionne la mise en relation gratuite ?

Choisir une plateforme parmi plus d'une centaine d'agréées est le point qui bloque le plus de dirigeants. Notre service est gratuit : vous remplissez le formulaire ci-dessous avec votre effectif, votre outil de facturation actuel et vos clients. Nous transmettons votre demande à un professionnel, qui vous recontacte pour vous présenter un comparatif de plateformes agréées adaptées à votre entreprise. Vous restez libre de choisir ou non la solution proposée, et nous ne garantissons ni délai ni résultat.

Questions fréquentes

Suis-je concerné si je suis micro-entrepreneur ou en franchise en base de TVA ?
Oui. Les micro-entrepreneurs en franchise en base (article 293 B du CGI) sont assujettis à la TVA au sens de la réforme. Ils doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 et émettre au plus tard le 1er septembre 2027. Le détail est dans notre page micro-entrepreneur et facture électronique.
Puis-je continuer à envoyer mes factures en PDF par e-mail ?
Cela dépend de votre taille. Une grande entreprise ou une ETI doit émettre par plateforme agréée depuis le 1er septembre 2026. Une PME ou une microentreprise peut continuer à émettre comme avant jusqu'au 1er septembre 2027. Un PDF simple n'est de toute façon pas une facture électronique au sens de la réforme.
Que se passe-t-il si je n'ai pas choisi de plateforme agréée ?
Vos fournisseurs soumis à l'émission ne pourront pas vous adresser leurs factures par le circuit électronique, et vous vous exposez à une mise en demeure de trois mois, suivie d'une amende de 500 €. La DGFiP demande d'engager la démarche sans attendre et d'en conserver les preuves.
Combien coûte le passage à la facture électronique ?
Cela dépend de la plateforme et du volume de factures. Selon la DGFiP, plus d'une dizaine de plateformes sur les 150 agréées proposaient au 1er août 2026 des offres gratuites ou sans surcoût pour les besoins essentiels des plus petites structures. Demandez toujours un devis détaillé.
Où trouver la liste officielle des plateformes agréées ?
Sur impots.gouv.fr, page « Je consulte la liste des plateformes agréées », en formats ODS, XLSX et PDF. Elle distingue les plateformes immatriculées après réussite des tests d'interopérabilité de celles qui attendent leur immatriculation définitive.

Sources officielles

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